Une « ANPE de droite » pour anciens collaborateurs

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« Une ANPE de droite au service des élus ». Le qualificatif émane de Thierry Mariani. Avec un proche, Vincent Gavériaux, chef d’entreprise, le député UMP du Vaucluse est à l’origine de la création du collectif Tribord. Cet organisme complètement informel, car sans budget, sans permanent, et seulement présent sur Internet, permet aux collaborateurs des élus de retrouver un emploi après un revers dans les urnes. Il se réunira début mai à Paris afin de faire un point sur les postes à pourvoir, deux mois après les élections municipales perdues par la droite.

Créé en 2004, au lendemain d’élections régionales et cantonales désastreuses pour la majorité, le collectif met en avant « une démarche de solidarité à droite » . À l’époque, il existait pourtant déjà des associations ou syndicats qui faisaient « du reclassement ». Sans compter les cabinets de recrutement.« Notre objectif n’est pas de les concurrencer », explique Vincent Gavériaux. « Certaines associations nous alimentent d’ailleurs en offres d’emploi. L’idée est davantage de mettre en synergie ces réseaux dans un objectif solidaire » . « Ici, ce sont des élus qui sont à la manœuvre, ajoute Thierry Mariani, contrairement à d’autres structures aux visées plus corporatistes. »
Fédérer les réseaux existants

Les collaborateurs d’élus sont « des personnes mobilisables 24 heures sur 24, pour qui, du jour au lendemain, le téléphone ne sonne plus », explique Gavériaux. « Leur contrat s’arrête au soir de l’élection. Au-delà de l’aspect matériel de notre aide, il y a aussi un aspect psychologique : faire comprendre au collaborateur qu’il n’est pas tout seul. » Après les élections de 2004, 400 personnes environ se sont retrouvées sur le carreau, selon les chiffres du collectif. « Nous avons accueilli, à l’époque, pas moins de 200 CV. » Et si de nombreux collaborateurs se sont alors tournés vers le collectif Tribord, c’est notamment en raison de l’activisme de Thierry Mariani qui a écrit aux élus et organisé plusieurs réunions à l’Assemblée.

Les municipales et cantonales ont été l’occasion de remettre la machine en route. Rien que pour les directeurs généraux de services, bras droits des maires et des présidents de conseils généraux, 70 % des personnels en place à la veille de l’élection devraient être amenés à changer de poste dans les six mois suivant le scrutin. Ainsi, après un nouvel appel du député du Vaucluse, relayé au Sénat par l’UMP Jacques Gautier, le site s’est enrichi d’une soixantaine de nouveaux CV : assistants parlementaires, directeurs de cabinet ou directeurs généraux des services.

Parmi les collaborateurs en recherche d’emploi, on reconnaît l’importance de cette initiative qui fédère des réseaux existants. « Les contacts personnels sont souvent le meilleur moyen pour nous de retrouver un poste », souligne un directeur de cabinet à la recherche d’un nouveau poste. Quant à Thierry Mariani, délégué général de l’UMP, il espère voir son bébé grandir. « Si dans deux ou trois ans, chaque élu a l’idée de contacter le collectif quand il recherche un collaborateur, je serai satisfait. »

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